ABNA: Il est naturellement allé célébrer les deux ans de la révolution sur la place Tahrir, le 25 janvier dernier. «À la fin de la journée, on s'est tous dispersés et Mohammed s'est dirigé vers la gare pour prendre son train. On ne l'a plus jamais revu», raconte Samir, l'un de ses camarades.
Folle d'inquiétude, sa mère, Samia, fait le tour des hôpitaux et des commissariats: aucune trace de son fils. «C'était mon seul fils, j'étais prête à tout pour le retrouver», nous confie-t-elle. Au bout de 10 jours, elle parvient enfin à retrouver Mohammed. Il agonise sur un lit d'hôpital, au Caire. «Nous n'avons même pas réussi à communiquer. Il était couvert d'hématomes. Ils lui avaient cassé toutes les dents. On voyait aussi qu'ils l'avaient étranglé avec la chaîne qu'il portait autour du cou. Je n'ai pas le moindre doute: il a été torturé.»
Quelques heures plus tard, le 4 février, Mohammed el-Gendi s'éteint. Sa mort va provoquer une puissante vague d'indignation en Égypte. Mais ni les manifestations, ni les émissions de télévision, ni même les expertises des médecins légistes n'ébranleront le pouvoir. Le gouvernement des Frères musulmans persiste à affirmer que Mohammed el-Gendi a été victime d'un banal accident de la route.
Fin/229
29 mars 2013 - 12:17
Code d'info: 404011
Mohammed el-Gendi était de ces révolutionnaires égyptiens de la première heure. Branché sur les réseaux sociaux, diplômé d'une école de commerce, amateur de voyages: ce jeune homme de 28 ans incarnait à merveille la fameuse «génération Facebook», victorieuse du dictateur Moubarak durant l'hiver 2011.